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Recherche vocale : vers un renouveau du SEO ?

La recherche vocale fait désormais partie de notre quotidien : découvrez quels sont les impacts sur le SEO et la rédaction des contenus !
Auteur
Alexandra Patard
Experte éditoriale

Siri sur Apple, « Ok Google » ou encore Cortana pour Windows 10… Les assistants personnels s’appuyant sur la recherche vocale pour répondre à nos questions ont envahi nos smartphones. Devant cette importance croissante, comment Google adapte-t-il son algorithme pour répondre à cette nouvelle donne ? Explications.

Née au début des années 1950, la recherche vocale consiste à chercher une information en prononçant sa requête à haute voix, plutôt que de taper sa phrase ou sa question dans une barre de recherche. Les propos ainsi énoncés, en langage naturel, sont captés par un microphone, qui les analyse et les retranscrit sous la forme d’un texte. Ce dernier est ensuite exploité par une machine.

Après avoir interrogé sa base de données, la technologie délivre sa réponse à travers un seul résultat, au lieu d’une page de « liens bleus », comme c’est le cas habituellement dans les moteurs de recherche classiques (Google, Bing…).

Aujourd’hui, la recherche vocale est utilisable partout, à travers nos smartphones (Siri, « OK Google »), nos ordinateurs (Cortana sous Windows 10) et même nos box (Miami Voice de Bouygues Télécom). Avec l’essor de l’utilisation d’Internet sur mobile et les objets connectés, le recours à la recherche vocale s’amplifie et bouleverse les codes du Search. Et, par extension, notre manière de rédiger des contenus pour le référencement naturel.

Comment fonctionne la recherche vocale ?

Les assistants personnels et la possibilité offerte par les moteurs, tels que Google et Bing, d’effectuer une recherche par le biais de la reconnaissance vocale met en lumière les requêtes dites « conversationnelles ». Les usagers de la recherche vocale auront tendance à prononcer plus de termes, sous forme de questions notamment, que lorsqu’ils tapent une simple requête dans une barre de recherche. C’est une toute nouvelle manière d’effectuer des requêtes pour ces utilisateurs.

parlez-maintenantToute la difficulté consiste à déterminer quelle est l’intention de l’utilisateur derrière sa requête prononcée en langage naturel. Des changements majeurs ont fait considérablement évoluer l’algorithme de Google, ces dernières années, afin de répondre à l’expansion des recherches sur mobile et, par conséquent, la recherche vocale : Humming Bird et RankBrain.

De Google Voice Search…

Apparue en 2008, Google Voice Search est la nouvelle fonctionnalité lancée sur l’application mobile de Google. Fin 2011, une version améliorée de ce service est fusionnée avec l’assistant personnel Google Now, au sein d’Android Jelly Bean (mises à jour 4.1, 4.2 et 4.3). Le nom de code de ce projet est « Majel », en référence au prénom de l’actrice qui avait prêté sa voix à l’ordinateur, dans une séquence du film Star Trek.

Lien vidéo de la vidéo de Star Trek à intégrer : https://www.youtube.com/watch?v=MA1hD3XRlh0

D’abord sur mobile, Google Voice Search a ensuite été déployée sur desktop, via le navigateur Chrome. Google, mais aussi Microsoft, les deux géants ayant le plus investi dans le secteur, ont dû faire face à un certain nombre d’obstacles pour mettre au point la reconnaissance vocale, support de la recherche conversationnelle. Parmi ces contraintes figurent :

… à Hummingbird et RankBrain

Pour adapter son moteur de réponse à la recherche conversationnelle et faire tomber son taux d’erreur en laboratoire en deçà des 10%, Google a ainsi intégré deux principaux changements dans son algorithme de classement : Hummingbird et RankBrain.

Hummingbird ou l’indexation des « concepts »

google-hummingbirdDepuis la mise à jour de l’algorithme de Google intitulée « Hummingbird » (colibri en anglais), en 2013, une question prononcée en langage naturel ne se raccroche plus à un « mot-clé » ou « expression-clé ». Elle appelle désormais une information voire une action, que le géant de Mountain View regroupe sous le terme générique de « concept ».

 

 

 

Avec Hummingbird, les résultats affichés reposent sur une meilleure interprétation des recherches conversationnelles correspondant à l’intention de recherche de l’internaute, et non plus seulement à partir de mots-clés bien précis. Côté SEO, l’objectif a donc été d’adapter la rédaction des contenus en élargissant le champ sémantique de la page et développer la longue traîne.

RankBrain, pour une meilleure compréhension de la recherche sémantique

La recherche vocale a progressé de manière spectaculaire depuis 2013 grâce à un autre changement majeur au sein de l’algorithme de Google. Bénéficiant des avancées de l’intelligence artificielle, RankBrain aide à mieux comprendre les relations de proximité sémantique entre les termes employés pour identifier les pages les plus pertinentes en fonction d’une requête. Et ce, sans s’appuyer sur les occurrences exactes des mots-clés. Avec RankBrain, la proximité sémantique devance la similarité lexicale.

Qui utilise la recherche vocale et pourquoi ?

D’après les chiffres communiqués par Sundar Pinchai, le PDG de Google, lors de l’événement Google I/O mi-mai, 20% des recherches vocales sont effectuées via Android et l’appli mobile de Google. Un taux qui bondit à 25% sur le moteur de recherche Bing de Microsoft !

La présence (par défaut) de Cortana au sein de Windows 10, ainsi que l’explosion de la recherche sur mobile (60% des requêtes), ont clairement dopé la recherche vocale. Des chiffres qui comprennent les requêtes vocales effectuées à partir des assistants personnels, tels que le Siri d’Apple.

Le taux d’adoption de la recherche vocale est particulièrement spectaculaire chez les adolescents : 55% d’entre eux l’utilisent au quotidien. Une étude de Google réalisée en octobre 2014 montre d’ailleurs que cette catégorie d’utilisateurs a rapidement adopté ce mode de recherche, notamment grâce à sa facilité d’usage en mains libres et multi-écrans.

La recherche vocale : pour quoi faire ?

L’utilisation de la recherche vocale chez les plus jeunes se fait essentiellement pour des demandes liées à des fonctions de géolocalisation (directions), la dictée de textos, le lancement d’appels vocaux et la consultation de la météo (cf. infographie ci-dessous, issue de la dernière « Lettre Recherche et Référencement » d’Abondance).

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La recherche vocale : quel impact sur le SEO ?

Après ce constat et ces explications, quelle conclusion en tirer du point de vue du SEO ? S’appuyant sur la recherche conversationnelle, la recherche vocale apporte des requêtes de plus en plus allongées, plus informelles et, la plupart du temps, sous forme de question ou introduites par un verbe à l’impératif (ex : Trouve moi la pharmacie la plus proche…). Les pages de sites web et les forums ayant publié des articles mettant en avant la réponse à une question devraient ainsi profiter d’une meilleure visibilité.

L’internaute utilisera aussi plus facilement des phrases complètes (sujet, verbe complément), au détriment d’une succession de mots-clés. La recherche vocale devrait donc profiter le plus à la longue traîne. Google comprenant de mieux en mieux les intentions de recherche des utilisateurs, les pages optimisées de manière artificielle (keyword stuffing) seront moins efficaces face à des textes plus « sémantiques ».

Enfin, l’enjeu sera de développer les « featured snippet », ces informations auxquelles Google va pouvoir apporter une réponse directement dans son moteur, dans le but de capter le trafic issu des requêtes comprenant une question précise. Tout comme le SEO local, pour répondre aux questions géolocalisées des internautes.

Newsletter Juin 2016